L’université, encore !

Longtemps, j’ai été réticente à l’idée de m’inscrire à l’université, ici, à Campos dos Goytacazes. Je me disais : « Ça suffit le monde académique ! Bon débarras ! » Pourtant, tout le monde autour de moi m’incitait à le faire et les arguments ne manquaient pas : pour apprendre le portugais, pour me faire des amis, pour m’instruire sur le Brésil, pour continuer à étudier, m’intéresser à de nouveaux champs de la connaissance… Eh bien, j’ai cédé. De mon bureau à la maison où je passais mes journées entières, j’ai dû reconnaître que j’avais quelque peu du mal à socialiser, à comprendre plus concrètement ce Brésil tant attendu.

Le déclic s’est fait une soirée d’août, après avoir rencontré Teresa et Marcelo, à un concert organisé à l’université où j’étais allée, avide de sorties. Teresa est historienne de la ville, elle a passé son doctorat à Paris, elle parle français. Elizete, celle qui tient la petite papeterie de l’avenue de l’université, la connaît depuis des années et des années, puisque comme elle, Teresa est Campista – c’est ainsi qu’on appelle les habitants de la ville – et m’avait proposé de la contacter puisqu’elle parle français, on pourrait peut-être s’entendre, je pourrais me sentir moins seule, etc. Au concert, voilà que je la reconnais, c’est une femme très belle, qui dégage de la joie, les cheveux courts très frisés, au sourire d’or. Je vais à sa rencontre. A ses côtés, Marcelo, curieux comme tout et très chaleureux, qui me demande qui je suis. Lui est historien des idées, il est Argentin. Je raconte que je suis graphiste mais que j’ai une première formation en anthropologie : « Ah mais tu es anthropologue ! Demain et après-demain, qu’est-ce que tu fais ? On fait la visite des favelas, on fait un séminaire, viens ! » m’invite spontanément Teresa. Génial ! C’était mon rêve, d’aller visiter les favelas. (J’écrirais un autre article sur la visite des favelas).

A la fin des deux journées de séminaire, Marcelo me dit : « Pourquoi tu ne t’inscris pas à l’université ? Les gens intéressants, c’est ici que tu les rencontreras. L’inscription pour les cours spéciaux, ça finit demain. »

Et voilà comme je me suis retrouvée de nouveau sur les bancs de l’université.

Mais pas n’importe laquelle ! A l’Universidade Estadual Norte Fluminense Darcy Ribeiro, inaugurée en 1991. Le processus de sa fondation est très représentative de ce que la société civile est capable de faire au Brésil : c’est en effet un mouvement social qui est à l’origine de sa création, qui a réussi en 1989 à inscrire un amendement populaire dans la Constitution fédérale de Rio de Janeiro pour la création d’une université publique à Campos dos Goytacazes. Son organisation a été confiée au grand anthropologue Darcy Ribeiro, spécialiste des Indiens d’Amazonie, dont l’université porte aujourd’hui le nom. Les édifices et l’organisation architecturale du campus ont été confiés à l’éternel Oscar Niemeyer.

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