Vidas sêcas

Vies arides, de Graciliano Ramos.

Un livre splendide.

Une écriture simple, d’une magnifique simplicité, lente, très lente, qui décrit la vie d’une famille, d’un père, d’une mère, de leurs deux enfants et de leur chien, Baleine, dans le sertao, une des régions les plus arides du Brésil, sans cesse menacée par la sécheresse. Une famille qui survit plus qu’elle ne vit, pauvre en tout, en biens, en savoirs, en affection, quasi muette, à tel point que même le perroquet – qu’ils finiront par manger, poussés par la faim – ne savait pas parler. Une écriture qui prend tour à tour le point de vue de chacun des personnages, y compris celui du chien (un chapitre entier est écrit du point de vue du chien, incroyable), une écriture qui entre profondément dans les mouvements de balancier entre les moments de peur et les moments d’espoir, les uns se succédant aux autres, comme le jour et la nuit, dans une rotation cyclique sans fin. L’écrivain accompagne ses personnages avec précision et attention, dans une tension continue faite de fragilité, de vulnérabilité, d’instabilité. Un grand chef d’œuvre littéraire.

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